Vos équipes utilisent déjà l’IA. Ce n’est pas une hypothèse, et ce n’est pas non plus un problème de discipline. Ce qui manque n’est presque jamais la règle : c’est la porte. Le même modèle, chez le même fournisseur, ne traite pas du tout vos données de la même façon selon le compte par lequel on l’appelle, et cet écart-là ne se répare pas par une note de service. Cet article ne vous dira donc pas que vos salariés vous mettent en danger. Il vous dit quelles sont les six portes, ce que chacune fait vraiment, comment trancher en une phrase, et ce qu’il faut cinq jours pour changer. Il commence par une histoire.
Une histoire, d’abord
Je l’appellerai Nadia. Elle dirige un cabinet de services, quatre-vingts personnes, deux bureaux. Un lundi de juin, en réunion d’équipe, sa meilleure chargée de clientèle présente comment elle prépare désormais une proposition commerciale en quarante minutes, là où il fallait une journée. La démonstration est excellente. Tout le monde applaudit, et Nadia est sincèrement contente.
Puis la chargée de clientèle partage son écran pour montrer comment elle s’y prend. Dans la colonne de gauche de l’outil, l’historique des conversations reste affiché pendant trente secondes. Onze noms de clients. Le plus gros compte du cabinet. Et une conversation dont le titre est une référence de contrat.
Personne n’a rien piraté. Il n’y a pas eu de brèche, pas d’attaque, pas de négligence au sens où on l’entend d’habitude. Il y a la salariée la plus motivée du cabinet, qui a fait son travail plus vite, dans un compte personnel gratuit, parce que personne ne lui avait jamais donné d’autre porte.
Le premier réflexe de Nadia est celui de tout le monde : bloquer. C’est son informaticien qui l’arrête, et son argument tient en une phrase : bloquer le domaine sur le réseau du bureau déplace l’usage vers les téléphones avant mercredi, et à partir de là elle ne verra plus rien du tout. Ce qu’elle perdrait n’est pas l’usage, c’est la visibilité.
Ce qu’elle a fait tient dans la semaine que je détaille à la fin de cet article. Mais le résultat qui compte n’est pas venu d’un audit. Il est venu de la semaine d’amnistie : quelqu’un de la comptabilité a fini par dire qu’il avait collé, six mois plus tôt, un identifiant d’accès bancaire dans une conversation, pour se faire aider à remettre un fichier en forme.
C’était le seul incident de tout le cabinet qui appelait un geste le jour même. Et c’était aussi le seul qu’aucun outil de surveillance n’aurait jamais montré à Nadia, parce qu’il avait eu lieu chez lui, le soir, sur son téléphone.
Cette histoire est un montage. Les personnes, le secteur et les détails viennent de plusieurs situations que j’ai rencontrées, et rien n’y est identifiable. La mécanique, elle, est exacte, et c’est toujours la même : la découverte se fait par hasard, l’incident qui compte n’est pas celui qu’on voit, et il ne remonte que si personne ne risque rien à le dire.
L’interdiction est ce qui vous coûte le plus cher
Commençons par le résultat qui devrait décider de votre semaine, parce qu’il contredit très exactement ce qu’on fait d’instinct.
L’université de Melbourne et KPMG ont interrogé plus de quarante-huit mille personnes dans quarante-sept pays, sur des échantillons construits pour être représentatifs de chaque population nationale, l’étude étant conçue et analysée par l’université. C’est, à ma connaissance, le seul travail de cette ampleur sur le sujet qui ne soit pas commandé par quelqu’un qui vend la solution. Parmi les salariés qui utilisent l’IA au travail, ceux dont l’employeur interdit l’IA générative sont ceux qui déclarent le plus souvent avoir versé dans un outil grand public des informations sensibles de l’entreprise, ou du contenu protégé par le droit d’auteur. Voici les quatre situations, dans l’ordre où l’étude les donne : là où l’IA est interdite, 67 %. Là où il existe une politique d’usage, 56 %. Là où les salariés ne savent pas s’il y a une règle, 38 %. Et là où il n’y a aucune politique, 33 %.
Relisez la colonne. L’entreprise qui a pris la peine d’interdire est dans une situation deux fois pire que celle qui n’a rien écrit du tout, et les auteurs en tirent eux-mêmes la conclusion : les interdictions pures risquent d’être inefficaces, et avoir une politique ne garantit pas qu’elle soit suivie.
C’est une corrélation et non une démonstration de cause à effet, et il faut le dire, parce que la flèche peut très bien pointer dans l’autre sens : une entreprise qui interdit est souvent une entreprise qui avait déjà vu quelque chose. Il y a un second biais, et il faut le poser aussi : là où l’IA est interdite, les salariés qui l’utilisent tout de même ne sont plus la même population que les autres, puisqu’ils ont déjà décidé de contourner une règle. Ce résultat ne prouve donc pas que l’interdiction fasse fuir les données. Il prouve, et c’est déjà beaucoup, qu’elle ne les retient pas. Mais la mécanique se voit à l’œil nu, et je la rencontre à chaque fois. L’interdiction ne supprime pas le besoin. Elle supprime le compte professionnel. Le travail se fait quand même, le soir, sur un téléphone personnel, dans un compte que vous ne voyez pas, que vous ne pouvez pas auditer, et que vous ne pourrez jamais fermer.
Ce qui marche, en revanche, se mesure ailleurs, par une autre méthode, et c’est cette source-là qui porte la recommandation de cet article. Netskope observe le trafic réseau de ses clients plutôt que de leur poser des questions. Entre ses deux derniers rapports annuels, la part des usages d’IA passant par des comptes personnels non gérés est tombée d’environ trois quarts à environ la moitié, pendant que la part des comptes fournis par l’employeur montait d’un quart à près des deux tiers. Sur la même période, les mêmes clients bloquaient plus que jamais : neuf organisations sur dix bloquent au moins un outil d’IA, une dizaine en moyenne, pendant que le volume de requêtes était multiplié par six. Le blocage et l’usage clandestin ont grandi ensemble. Ce qui a fait bouger la ligne, c’est l’autre geste : personne n’a été convaincu, les gens ont été équipés.
Ce que valent vraiment ces chiffres
Je préfère vous donner les réserves plutôt que de vous laisser les découvrir. L’étude de Melbourne et KPMG est déclarative : on demande à des gens s’ils ont fait quelque chose qu’ils savent mal vu, ce qui tire plutôt vers la sous-déclaration. Et le chiffre publié compte tous ceux qui l’ont fait au moins une fois, même rarement ; si l’on ne garde que ceux qui le font régulièrement, on tombe autour d’un tiers. La hiérarchie entre les quatre situations, elle, est le résultat solide. Dernière réserve, la plus importante : l’enquête a été menée entre novembre 2024 et janvier 2025, donc avant la vague d’équipement que mesure la source suivante. Elle décrit un monde où presque personne n’avait encore de porte.
Netskope, à l’inverse, mesure des comportements réels et non des déclarations, mais ne voit que ses propres clients, c’est-à-dire des entreprises qui ont déjà acheté un produit de sécurité réseau, et vend exactement ce que ses conclusions rendent nécessaire. Les deux sources ne se recoupent pas : elles se complètent parce qu’elles se trompent dans des directions différentes.
Un mot enfin sur un chiffre que vous verrez partout et que je n’emploie pas. On lit régulièrement que la part des données sensibles collées dans l’IA serait passée « de 11 % en 2023 à près de 40 % aujourd’hui ». Les deux nombres existent, mais ils ne mesurent pas la même chose : le premier est une part du volume de données, le second une part du nombre d’interactions. Les enchaîner fait une courbe qui n’existe pas. Sur une base constante, la série publiée par ce même fournisseur va de 10,7 % en mars 2023 à 34,8 % en 2025, ce qui reste considérable, et se dit sans truquer l’échelle.
Six portes vers le même modèle
Venons-en au cœur. La question que se pose tout dirigeant à ce stade est « est-ce que le modèle apprend sur mes données ? ». C’est la mauvaise question, et elle est mauvaise pour une raison précise : elle a une réponse simple, elle se règle en cochant une case, et elle vous fait rater les trois autres. Les bonnes questions sont : sous quel contrat suis-je, qu’est-ce qui reste et combien de temps, et que se passe-t-il le jour où quelqu’un d’extérieur en demande la communication ?
Ces trois réponses ne dépendent pas du modèle. Elles dépendent du compte par lequel on entre. Le même modèle, chez le même fournisseur, à la même heure, traite vos données de six manières différentes selon la porte. Voici les six, avec ce que chacune fait vraiment, et ce que chacune ne règle pas.
Six portes vers les mêmes modèles. Déplacez-vous de la plus ouverte à la plus fermée, et regardez ce qui change.
Pour qui
Personne, au travail. C’est pourtant la porte par défaut de vos équipes.
Coût
0 à une vingtaine d’euros par mois, payés par le salarié
- Entraînement sur vos données
- Oui, par défaut. Chez OpenAI, un compte personnel gratuit ou payant a le partage activé d’office, à charge pour l’utilisateur de le couper. Chez Anthropic, depuis août 2025, les conversations des offres grand public peuvent servir à l’entraînement, et la case était pré-cochée dans la fenêtre de consentement. Chez Google, l’activité sert à l’entraînement quand le réglage est actif.
- Ce qui reste, et combien de temps
- Trente jours après suppression chez OpenAI. Jusqu’à cinq ans chez Anthropic pour qui laisse l’option active. Et chez Google, le détail que personne ne connaît : les conversations relues par un humain sont conservées jusqu’à trois ans, et elles ne sont pas effacées quand vous effacez votre activité.
- Ce que vous voyez, vous
- Rien. Pas d’administrateur, pas de journal, pas de liste. Vous ne savez pas qui utilise quoi, et vous ne pouvez pas le savoir.
- Si une autorité demande
- C’est le niveau exposé. L’ordonnance américaine de mai 2025 qui gelait les suppressions visait les comptes grand public ; la production de vingt millions de conversations ordonnée depuis vise ce même niveau. Les offres entreprise en étaient exclues dans les deux cas.
Ce que cette porte ne règle pas
Rien, et surtout pas le départ du salarié. Le compte lui appartient : vous ne pouvez ni l’auditer, ni l’effacer, ni le fermer le jour où cette personne s’en va.
État au 30 août 2026.
Trois choses méritent d’être relevées, parce qu’elles contredisent ce qu’on entend dire.
L’essentiel du chemin se fait au deuxième cran. Passer du compte personnel à un abonnement d’équipe supprime l’entraînement par défaut, vous donne la main sur la durée de conservation, et rattache les comptes à l’entreprise. C’est une carte bancaire et une heure. Les crans suivants servent à des situations réelles mais particulières, et beaucoup d’entreprises n’en auront jamais besoin.
La porte la plus protectrice n’est pas gratuite en capacité. C’est le retournement de 2026 et il est presque absent des discussions : les modèles les plus récents d’Anthropic imposent une conservation de trente jours et ne sont pas éligibles à la rétention zéro. Autrement dit, la protection maximale vous coûte l’accès à ce qui se fait de mieux. Ce n’est pas une raison de renoncer à l’une ou à l’autre, c’est une raison de choisir par cas d’usage plutôt que par principe.
Et la structure est la même partout. Ce n’est pas un article contre un fournisseur : les trois grands ont exactement le même découpage, une porte grand public dont le réglage par défaut vous dessert et une porte professionnelle qui le renverse. Ce qui change, c’est le nom du produit à demander à vos achats.
ChatGPT
OpenAI
La porte grand public
Les offres pour particuliers, gratuite ou payantes. Sur un espace personnel, le partage des données pour l’entraînement est activé par défaut, et c’est à l’utilisateur de le couper.
La porte à ouvrir
ChatGPT Business pour une équipe, ChatGPT Enterprise pour l’entreprise. Aucun entraînement par défaut sur ni l’un ni l’autre, et une durée de conservation que vous fixez.
Ce qui surprend
Au niveau Business, un administrateur peut consulter, exporter et supprimer les conversations de vos salariés, et des prestataires tiers peuvent en relire le contenu pour détecter les abus. Ce n’est le cas d’aucun des niveaux au-dessus. Annoncez-le vous-même plutôt que de les laisser le découvrir.
Claude
Anthropic
La porte grand public
Les offres Free, Pro et Max. Depuis août 2025, les conversations nouvelles ou reprises peuvent servir à l’entraînement, et la conservation passe alors à cinq ans. La case était pré-cochée dans la fenêtre de consentement.
La porte à ouvrir
Claude for Work, en équipe ou en entreprise, ou l’interface de programmation. Les offres professionnelles sont expressément exclues du régime précédent.
Ce qui surprend
La meilleure illustration de tout cet article tient en une ligne, et elle vise vos développeurs. Claude Code lancé depuis un abonnement personnel fait entrer votre code dans le régime des cinq ans. Le même outil, sur une clé professionnelle, non. Même logiciel, même modèle, deux mondes.
Gemini
La porte grand public
L’application Gemini avec un compte Google personnel. L’activité alimente l’entraînement quand le réglage est actif, avec un effacement automatique à dix-huit mois par défaut.
La porte à ouvrir
Gemini dans Google Workspace, avec l’engagement contractuel de ne pas entraîner sur vos données et de ne pas les faire relire par un humain hors de votre domaine.
Ce qui surprend
Une partie des conversations est relue par des humains, et celles-là sont conservées jusqu’à trois ans. Surtout, elles ne sont pas effacées quand vous effacez votre activité : il n’existe pas de bouton pour les retirer. Google l’écrit lui-même, et la phrase mérite d’être citée telle quelle : n’entrez pas de données confidentielles, ou que vous ne voudriez pas qu’un relecteur voie.
Ce que personne ne vous a dit
Quatre choses que je n’entends jamais en comité de direction, et dont chacune déplace une décision que vous êtes sur le point de prendre.
Ce n’est presque jamais un piratage. C’est un bouton « Partager ». On se représente la fuite comme une intrusion : un vol, un serveur forcé, quelqu’un de mal intentionné. Regardez ce qui s’est réellement passé. En juillet 2025, un journaliste découvre que des conversations ChatGPT partagées apparaissent dans les résultats de Google ; quelques jours plus tard, un chercheur en rassemble près de cent mille, dans lesquelles un média trouve des textes d’accords de confidentialité et des discussions sur des contrats. En août, c’est le tour de Grok, en pire : chez ChatGPT il fallait cocher une case intitulée « rendre cette conversation trouvable », chez Grok appuyer sur « Partager » suffisait à publier, fichiers téléversés compris. Chez Meta, l’application d’IA a proposé un fil public où des gens ont publié leurs propres conversations, adresses et questions médicales comprises, en croyant les envoyer à quelqu’un.
Aucun de ces épisodes n’est une faille. Ce sont des fonctions de partage qui ont marché exactement comme elles étaient conçues, devant des gens qui lisaient « envoyer » là où c’était écrit « publier ». Et pour vous ôter l’idée que vos équipes sont trop averties pour se faire prendre : un chercheur d’un institut de recherche en intelligence artificielle reconnu s’est fait avoir par Grok après que l’affaire ChatGPT eut fait le tour du monde, en partageant à son équipe des résumés de ses propres articles.
Il y a mieux, et ce détail devrait finir de déplacer votre attention. OpenAI a publié une analyse technique détaillée d’un incident de mars 2023 qui avait exposé, pendant neuf heures, des données de facturation pour un peu plus d’un pour cent de ses abonnés payants. Sur la fonction de partage, qui a exposé du contenu de conversations à une échelle que des tiers ont comptée en dizaines de milliers, elle n’a jamais publié le moindre chiffre. Le risque qui compte n’est pas celui qui fait l’objet d’un rapport d’incident.
Le jour où votre meilleur élément part, son compte part avec lui. Ouvrez votre procédure de départ : badge, ordinateur, messagerie, accès aux dossiers, téléphone, voiture. Tout y est, sauf une chose. Le compte personnel dans lequel cette personne a préparé pendant deux ans vos propositions commerciales, vos grilles de prix et vos comptes rendus de rendez-vous ne figure sur aucune liste, parce qu’il ne vous a jamais appartenu. Vous ne pouvez pas l’auditer, vous ne pouvez pas l’effacer, vous ne pouvez même pas savoir ce qu’il contient. Et il continuera d’exister, avec son historique consultable, le lundi où cette personne commencera chez votre concurrent. C’est le seul trou de votre procédure de départ que la porte de l’entreprise rebouche entièrement, et d’une seule façon : en faisant du compte le vôtre.
Vos équipes se cachent pour une raison mesurée, et rationnelle. On explique la dissimulation par la négligence ou la mauvaise foi. La recherche dit autre chose. Une série de treize expériences publiée en 2025 montre que déclarer qu’on a utilisé l’IA fait baisser la confiance qu’on vous accorde, et qu’être découvert par un tiers la fait baisser davantage encore que de l’avoir dit soi-même. Une autre étude, sur plus de quatre mille personnes, montre que ceux qui utilisent l’IA sont jugés moins compétents et moins motivés, et que ce jugement se retrouve jusque dans les décisions d’embauche.
Autrement dit, votre salarié qui ne dit rien ne se comporte pas mal : il évite une sanction sociale que la recherche a mesurée, et qu’il perçoit correctement. Une politique qui demande aux gens de se déclarer se bat donc contre un mécanisme documenté. Votre travail n’est pas d’exiger la franchise, il est de supprimer ce qu’elle coûte. C’est toute la raison d’être de la semaine d’amnistie que je décris plus bas, et c’est aussi pourquoi elle doit venir de vous et de personne d’autre.
Ce que vous confiez à un assistant n’est couvert par aucun secret. Voici le point où l’on repose sa tasse. En février 2026, un tribunal fédéral de New York a jugé qu’un dirigeant poursuivi pour fraude ne pouvait invoquer ni le secret de la relation avec son avocat, ni la protection des documents préparés pour sa défense, sur une trentaine d’échanges qu’il avait eus avec un assistant grand public à partir de ce que son avocat lui avait dit, avant de les transmettre à ce même avocat. Le juge relève que la question n’avait encore jamais été tranchée dans le pays, et que ces documents ne réunissaient pas les conditions du secret : ils n’étaient pas confidentiels, et ils n’avaient pas été établis à la demande d’un conseil. Il n’y avait rien à protéger.
Ce n’est pas un cas isolé. Dans une autre affaire, le ministère public américain a obtenu des mandats visant sept comptes du prévenu chez deux fournisseurs d’IA à la fois, en soutenant par écrit qu’une conversation avec un assistant n’est pas couverte parce qu’un assistant n’est pas un avocat. Et un juge de New York, en janvier 2026, a écrit que l’intérêt d’un utilisateur à la confidentialité de ses conversations avec ChatGPT est plus faible que celui qui s’attache à une conversation téléphonique mise sur écoute, parce que l’utilisateur les a volontairement communiquées au fournisseur. Ce sont des décisions américaines, de première instance, et il ne faut pas en faire du droit établi. Mais c’est aujourd’hui la seule jurisprudence qui existe, et elle va toute dans le même sens.
La conséquence pratique tient en une ligne, et elle est plus utile que tout le reste : le jour où un dirigeant a un vrai problème, juridique, social ou financier, l’assistant est le dernier endroit où en parler. Pas parce qu’il est indiscret, mais parce que la conversation existe, qu’elle est conservée, et que personne ne la protège.
Le cadre, en trois points
Un. Votre interdiction change la nature juridique du prochain incident, et pas dans le bon sens. Quand un salarié colle des données personnelles dans un outil grand public, l’intuition dit qu’il manque un contrat de sous-traitance. C’est faux : pour la version grand public, le fournisseur est lui-même responsable de traitement, pas votre sous-traitant. Ce n’est donc pas un contrat qui manque, c’est une divulgation à un tiers. Et l’autorité néerlandaise de protection des données a posé la distinction avec une précision inhabituelle : si le salarié a agi contre les règles de l’entreprise, c’est une violation de données, avec l’obligation de notification qui va avec ; si l’entreprise l’avait autorisé, ce n’est pas une violation, mais ce n’est le plus souvent pas licite pour autant. La règle que vous écrivez devrait donc désigner une porte praticable plutôt que tout fermer, parce qu’une règle qu’on peut suivre ne fabrique pas d’infraction.
Deux. Une obligation vous lie depuis février 2025, et elle n’a pas été reportée. Vous avez lu partout que l’Europe avait repoussé son règlement sur l’IA : c’est vrai, et cela ne vous concerne pas. Ce qui a été décalé, à décembre 2027 et août 2028, ce sont les obligations des systèmes dits à haut risque. Tout ce qui lie un employeur ordinaire est resté à sa date. Et parmi ces choses, une que presque personne ne connaît : depuis le 2 février 2025, toute organisation qui déploie de l’IA doit prendre des mesures pour que les personnes qui s’en servent en aient une maîtrise suffisante. Le texte de juillet 2026 a d’ailleurs adouci cette rédaction, qui imposait auparavant d’assurer ce niveau : l’obligation demeure, elle est simplement devenue une obligation de moyens. La Commission européenne précise elle-même que cela vise une entreprise dont les salariés utilisent simplement un assistant pour écrire un texte publicitaire, et que ces salariés doivent être informés des risques propres à ces outils, à commencer par le fait qu’ils inventent.
On vous vendra cela cet automne sous la forme « formation obligatoire, sinon quinze millions d’amende ». C’est faux, et savoir que c’est faux vous fera économiser un budget : cette obligation ne figure dans aucun des échelons de sanction du règlement. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est sans conséquence, et je ne voudrais pas remplacer une exagération par une autre : les régimes de sanctions nationaux et le pouvoir d’injonction des autorités de surveillance restent applicables. Ce qui a changé le 2 août 2026, ce n’est donc pas un montant, c’est qu’elle est passée sous la surveillance de ces autorités. Une demi-journée d’explication à vos équipes y répond, et vous en gardez la trace écrite.
Trois. Au Maroc, ce n’est pas une amende, c’est le code pénal. Le débat européen tourne autour de sanctions administratives, ce qui habitue à penser en montants. La loi 09-08 ne fonctionne pas ainsi : son article 61 punit d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de vingt mille à deux cent mille dirhams quiconque, même par négligence, aura provoqué ou facilité l’usage abusif de données traitées, ou les aura communiquées à des tiers non autorisés. Cette phrase décrit un salarié qui colle un fichier client dans un outil grand public avec une exactitude désagréable. Ajoutez que le Maroc ne bénéficie pas d’une décision d’adéquation européenne, et qu’une sortie de données du pays passe par une autorisation de la CNDP, et une entreprise casablancaise qui sert des clients européens se retrouve avec deux régimes qui s’empilent plutôt qu’ils ne se remplacent.
Je termine par la nuance qui manque toujours à ce genre de section. À ce jour, aucune autorité européenne n’a sanctionné une entreprise pour l’usage que ses salariés font d’un assistant grand public, et je ne connais aucune poursuite marocaine sur ce fondement. La seule amende jamais prononcée en Europe à propos d’IA générative, quinze millions d’euros contre OpenAI en Italie, a été annulée en première instance par le tribunal de Rome en mars 2026, sans que le fond ait été tranché. Le régulateur n’est pas votre menace immédiate, et quiconque vous dit le contraire vous vend quelque chose. Ce que je décris ici, c’est le cadre dans lequel vous serez le jour où un client, un salarié ou un concurrent posera la question.
Le tri, à faire avec votre équipe
Tout ce qui précède ne sert à rien si vos équipes ne savent pas trancher au moment où elles ont le curseur dans la fenêtre. Alors trions. Six demandes réelles, telles qu’un salarié les écrirait, et trois destinations possibles. Faites-le vous-même d’abord, puis refaites-le en réunion : c’est là que la figure devient utile, parce que les désaccords entre vos collaborateurs sur un même cas vous apprennent plus que la bonne réponse.
Six demandes réelles, telles qu’un salarié les écrirait. Pour chacune, par quelle porte a-t-elle le droit de passer ?
1 / 6« Améliore l’offre d’emploi que nous publions vendredi. »
Deux remarques sur cette grille. La première, c’est que quatre cas sur six passent, et ce n’est pas de la complaisance : c’est la proportion réelle. Une règle qui interdit tout ne protège rien, parce qu’elle perd sa crédibilité sur le premier cas manifestement inoffensif, et qu’une fois perdue elle l’est pour tous les autres.
La seconde tient à la question elle-même. Elle porte sur la demande, pas sur le document, et c’est ce qui la rend supérieure aux classifications habituelles. Le centre national britannique de cybersécurité l’a formulée avant moi et mieux que moi : la bonne question n’est pas « ce document est-il confidentiel », c’est « est-ce que cette demande poserait un problème si elle devenait publique ». Son exemple est le dirigeant qui se renseigne sur la procédure de licenciement collectif. Aucun document ne sort, et pourtant la demande, venant de lui, est l’information.
Samsung, du début à la fin
Vous connaissez sûrement le raccourci : des ingénieurs de Samsung ont collé du code dans ChatGPT, alors Samsung a interdit ChatGPT. On le cite dans toutes les réunions sur le sujet, et il se trompe sur trois points vérifiables. Mais surtout, il s’arrête au milieu de l’histoire, et c’est la fin qui contient la leçon.
- 11 mars 2023
Une division autorise, l’autre interdit toujours
La division semi-conducteurs de Samsung Electronics change sa règle et autorise ChatGPT. Au même moment, la division qui fait les téléphones et l’électroménager l’interdit encore. Dire « Samsung a autorisé ChatGPT » sans nommer la division est déjà inexact, et c’est la première pièce que le récit courant perd.
- 30 mars 2023
Trois incidents identifiés en moins de vingt jours
Le média coréen Economist Korea révèle ce que l’entreprise a repéré : deux fuites d’informations d’équipement et une de contenu de réunion. Dans la première, un ingénieur bute sur une erreur en exécutant un programme de téléchargement d’une base de mesures d’équipement, copie l’intégralité du code source en cause, et le colle pour obtenir la correction. Samsung n’a jamais confirmé ces incidents et s’est refusé à tout commentaire.
- Le troisième incident
Deux outils, et la donnée sort au premier
Celui-là mérite d’être raconté juste, parce qu’il est la vraie forme du risque. Un salarié enregistre une réunion sur son téléphone, la fait convertir en texte par un service de transcription qui n’a rien à voir avec ChatGPT, puis colle le texte obtenu dans ChatGPT pour en tirer un compte rendu. La donnée a quitté l’entreprise à la première étape, dans un outil que personne ne nomme jamais dans ces discussions. La version courante, « il a demandé à ChatGPT de transcrire une réunion », efface exactement la partie qui compte.
- Avril et mai 2023
Il n’y a jamais eu d’interdiction générale
Les deux divisions ont réagi différemment. Celle où les fuites ont eu lieu a plafonné la taille des messages envoyés, à un kilo-octet. Le seul document de restriction connu est une note du 28 avril à l’autre division, sur les appareils et les réseaux de l’entreprise, et elle se présente elle-même comme temporaire, le temps que des mesures soient prêtes. Deux divisions, deux réponses, résumées partout en une phrase qu’aucune source ne soutient.
- Décembre 2023
Le modèle maison, huit mois plus tard
Samsung déploie en interne son propre modèle. Huit mois séparent la restriction de la solution de rechange, et ces huit mois sont le vrai sujet : c’est l’intervalle entre le moment où une capacité devient utile et celui où une version encadrée existe. C’est là, et pas ailleurs, que les fuites se produisent.
- Juin 2026
Le chemin inverse, jusqu’au bout
Trois ans après, l’entreprise dont tout le monde cite l’interdiction déploie ChatGPT en version entreprise à l’ensemble de ses salariés d’Electronics en Corée et à toute la division mobile dans le monde, aux côtés des offres professionnelles de Google et d’Anthropic. Et l’accès n’est pas rouvert d’un coup : il est placé derrière une formation, d’abord une cinquantaine de dirigeants, puis quelque deux mille trois cents personnes dans les filiales, avant l’ensemble des salariés. L’entreprise n’a jamais dit que son interdiction avait échoué, et la lecture qui suit est la mienne : ce n’est pas un revirement, c’est la même décision que celle de mars 2023, prise cette fois par la bonne porte, et derrière une formation plutôt que devant un blocage.
Retenez l’intervalle. Entre le moment où une capacité devient utile et celui où une version encadrée existe, il s’écoule un temps pendant lequel vos équipes travaillent quand même, avec ce qu’elles ont sous la main. Chez Samsung, ce temps a duré huit mois, et c’est là que tout s’est joué. Chez vous, ce temps est aujourd’hui d’une heure : la porte professionnelle existe déjà, elle s’achète, et il n’y a plus rien à construire.
Une dernière chose sur ce chapitre, parce qu’elle revient toujours. La liste des grandes entreprises « qui ont interdit ChatGPT » ne résiste pas à l’examen. Certaines ont posé des limites d’usage, une autre s’est contentée d’un avertissement de son service juridique sur sa messagerie interne, une banque a explicitement dit qu’il s’agissait de son contrôle habituel des logiciels tiers et non d’une réaction à un incident, une autre encore a rangé cela dans sa pratique normale vis-à-vis des sites externes. Les traiter comme une vague d’interdictions est l’erreur la plus fréquente sur ce sujet, et savoir les distinguer coûte peu.
La première semaine
Voici la partie que vous pouvez exécuter sans moi. Cinq créneaux, moins de trois heures en tout, rien qui demande un budget avant le deuxième jour. L’ordre compte plus que le contenu : la porte s’ouvre avant que quoi que ce soit ne se ferme, et l’amnistie précède la règle.
Cinq créneaux, moins de trois heures en tout, et rien qui demande un budget avant le deuxième jour. L’ordre n’est pas décoratif : chaque jour rend le suivant possible.
Regarder, sans annoncer
Vous, avec la personne qui tient le réseau ou le parc.
Demandez un seul chiffre, agrégé : combien de services d’IA distincts ont été joints depuis le réseau de l’entreprise le mois dernier, et depuis combien de postes. Pas de noms, pas de contenu, pas de liste nominative. Vous établissez une base de comparaison, vous n’ouvrez pas une enquête, et la distinction n’est pas qu’une politesse : identifier des salariés un par un vous ferait basculer dans un tout autre régime juridique, pour un renseignement dont vous n’avez pas besoin.
Ce que ça change
Vous saurez deux choses en une demi-heure : que le nombre d’outils dépasse ce que vous pensiez, et qu’une partie du trafic tombe le soir et le week-end. Ce deuxième point vous dit que l’usage est déjà installé dans la façon de travailler, pas dans la curiosité.
L’erreur à ne pas commettre
Ne nommez personne, même si le tableau vous le permet. Le jour où une équipe comprend que la mesure sert à désigner, elle passe sur son téléphone et vous perdez la visibilité pour de bon.
Pour ceux que la mécanique intéresse
Une question revient au jour 2, et l’intuition y répond mal. Si vous ne pouvez équiper que vingt personnes, à qui donner les licences ? Le réflexe est de les donner aux meilleurs. L’essai contrôlé le plus sérieux sur le sujet, mené sur sept cent cinquante-huit consultants, va dans l’autre sens : le gain de performance a été nettement plus fort pour ceux qui partaient en dessous de la moyenne que pour ceux qui partaient au-dessus. Ce n’est pas une raison de priver vos meilleurs éléments, ils prendront la porte de toute façon. C’est une raison de ne pas s’arrêter à eux.
Un mot sur ce que je ne peux pas vous démontrer, parce que je préfère le dire que de me le faire dire. L’analogie que tout le monde emploie, celle des téléphones personnels au bureau il y a quinze ans, repose sur une prévision d’analyste de 2013 qui n’a jamais fait l’objet d’une vérification publiée. Elle est plausible, elle n’est pas démontrée. Et je n’ai trouvé aucune étude d’une entreprise seule mesurant l’usage clandestin avant et après l’arrivée d’un outil officiel. La recommandation de cet article s’appuie sur une télémétrie à grande échelle, pas sur une expérience contrôlée. C’est solide, ce n’est pas une preuve.
Ce que ça change chez vous
Si vous n’avez rien fait, ne commencez pas par une note de service. Ouvrez la porte pour l’équipe qui en a le plus besoin, écrivez la page, puis annoncez les deux ensemble. Une restriction qui arrive avec sa solution de rechange est reçue comme une décision. La même sans rien en face est reçue comme un obstacle, et un obstacle se contourne par le téléphone personnel.
Si vous avez déjà interdit, vous êtes dans la situation qui appelle le plus d’action, et ce n’est pas une critique : c’est la décision que presque tout le monde a prise. Ouvrez une porte, dites que la règle change, et faites l’amnistie. Vous découvrirez, comme tout le monde, que l’usage n’a jamais cessé, et vous récupérerez la seule chose qui compte vraiment : la liste de ce qui est déjà sorti.
Si vos données ne doivent pas sortir du tout, pour des raisons réglementaires ou parce que vos clients l’exigent, la sixième porte existe et elle est mon métier : installer des modèles sur votre infrastructure, sans que rien ne parte chez un tiers, et former l’équipe qui les tiendra. Mais commencez quand même par la deuxième porte pour tout le reste. Le pire arrangement possible, c’est un projet interne de six mois pendant lesquels vos équipes continuent d’utiliser leur compte personnel, faute d’avoir eu autre chose entre-temps.
Faisons le point sur vos portes
Une heure, un état des lieux, et la liste de ce qu’il faut ouvrir. Je réponds moi-même, sous un jour ouvré.
Pour vérifier
Tout ce qui est chiffré ici a été relevé à la source le 30 août 2026, et non dans les reprises, parce que ce sujet en est saturé. Deux avertissements avant les références. D’abord, ces politiques bougent au rythme de quelques semaines : ce qui est écrit ici porte une date, et c’est volontaire. Ensuite, trois affirmations très répandues sont aujourd’hui fausses, et je les signale parce que vous allez les rencontrer.
- « ChatGPT doit conserver vos conversations supprimées. » C’était vrai. L’ordonnance américaine qui gelait les suppressions a pris fin le 26 septembre 2025. Ce qui subsiste est plus étroit et plus intéressant : une archive figée d’avril à septembre 2025 dont les demandes venant de l’Espace économique européen, du Royaume-Uni et de la Suisse ont été retirées, et une conservation ciblée, permanente, visant les comptes rattachés à une centaine de domaines listés en annexe.
- « La part des données sensibles collées dans l’IA est passée de 11 % à 40 %. » Les deux nombres existent et ne mesurent pas la même chose : une part de volume de données d’un côté, une part d’interactions de l’autre. Sur une base constante, la série va de 10,7 % en mars 2023 à 34,8 % en 2025. C’est déjà considérable, et c’est vrai.
- « L’IA fantôme ajoute 670 000 dollars au coût d’une violation. » Chiffre de l’édition 2025 du rapport concerné, encore recopié partout en 2026. L’édition parue le 29 juillet 2026 donne d’autres nombres, et l’écart avec la moyenne générale y est plus faible, pas plus élevé. Ce rapport repose par ailleurs sur environ six cents entreprises volontaires, sans marge d’erreur publiée.
Les sources, point par point
L’effet des interdictions. N. Gillespie, S. Lockey, T. Ward, A. Macdade et G. Hassed, « Trust, attitudes and use of artificial intelligence: A global study 2025 », université de Melbourne et KPMG, publié en 2025, enquête menée de novembre 2024 à mi-janvier 2025 auprès de 48 340 personnes dans 47 pays. Le passage cité figure page 75. Étude conçue, menée et rédigée par l’équipe universitaire, financée par KPMG, publiée sous licence ouverte.
Comptes personnels et blocages. Netskope, « Cloud and Threat Report 2026 », publié le 7 janvier 2026, télémétrie du 1er octobre 2024 au 31 octobre 2025. Il s’agit des clients de Netskope, qui vend les produits que ses conclusions rendent nécessaires : la méthode est de l’observation, pas de la déclaration, et l’échantillon n’est pas représentatif des entreprises en général.
Le collage plutôt que le fichier, et les parts de données sensibles. Rapports Cyberhaven Labs de mai 2024, du 23 avril 2025 et du 5 février 2026. Le fournisseur définit lui-même « sensible » comme ce que les règles de chacun de ses clients marquent comme tel, ce qui rend la mesure dépendante des politiques internes de son échantillon.
Les conversations indexées. Fast Company, 30 juillet 2025 ; annonce du retrait de la fonction par le responsable de la sécurité des systèmes d’information d’OpenAI le 31 juillet 2025 ; 404 Media, 5 août 2025, pour le corpus de près de cent mille conversations ; Forbes, 20 août 2025, pour Grok ; TechCrunch, 12 juin 2025, pour le fil public de Meta. Aucun chiffre officiel n’a jamais été publié par les fournisseurs concernés.
Les portes et leurs régimes. Pages publiques des fournisseurs, relevées le 30 août 2026 : centre d’aide et pages de confidentialité d’entreprise d’OpenAI, documentation de la plateforme et centre de confidentialité d’Anthropic, centre de confidentialité des applications Gemini et pages d’administration de Google Workspace.
La conservation et les demandes judiciaires. Ordonnance du 13 mai 2025 et accord mettant fin à l’obligation, déposé le 9 octobre 2025, effet au 26 septembre 2025 ; ordonnance du 5 janvier 2026 sur la production de vingt millions de conversations, dont est tirée la comparaison avec l’écoute téléphonique. Rapports semestriels de transparence d’OpenAI et d’Anthropic pour juillet à décembre 2025, les plus récents publiés à ce jour.
Le secret professionnel. United States v. Heppner, n° 25 Cr. 503, tribunal fédéral du district sud de New York : décision rendue à l’audience le 10 février 2026, mémoire écrit du 17 février 2026, dans lequel le juge qualifie la question d’inédite au niveau national. La seconde affaire, mandats du 21 mai 2026 visant sept comptes chez deux fournisseurs, figure dans une lettre du ministère public datée du 17 juin 2026.
Samsung. Economist Korea, 30 mars 2023, article d’origine en coréen, pour l’autorisation du 11 mars, les trois incidents et le détail du troisième. Note interne du 28 avril 2023 à la division concernée pour la restriction. Déploiement de juin 2026 d’après les communications des entreprises. Samsung n’a jamais confirmé les incidents de 2023.
Le cadre européen. Règlement (UE) 2024/1689, article 4 applicable depuis le 2 février 2025 et article 113 pour le calendrier ; règlement modificatif adopté le 8 juillet 2026 et en vigueur depuis le 27 juillet 2026 pour le report des obligations à haut risque ; foire aux questions de la Commission européenne sur la maîtrise de l’IA. Position de l’autorité néerlandaise de protection des données, publiée le 6 août 2024. Annulation en première instance de la sanction italienne, mars 2026.
Le cadre marocain. Loi 09-08 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel, article 61 pour la sanction pénale et articles 43 et 44 pour les transferts hors du Maroc.
Le tri et la dissimulation. Le test de la demande plutôt que du document vient des recommandations du centre national britannique de cybersécurité. Sur le coût social de la déclaration : une méta-analyse de treize expériences parue en 2025 dans une revue de psychologie organisationnelle, et une étude parue dans les comptes rendus de l’Académie nationale des sciences des États-Unis portant sur plus de quatre mille participants.
Vous venez de découvrir ce que vos équipes utilisent, et vous ne savez pas par quoi commencer ? Écrivez-moi, je vous dirai ce que je ferais à votre place.